"C'est n'importe quoi !" C'est souvent à la machine à café que la phrase est lachée. Pour qualifier votre dernière réunion, votre emploi du temps, ou même la stratégie de votre PDG. Tentez un rapide calcul : combien de fois dans une même journée vos collègues lancent-ils cette exclamation? Pour David Autissier, maître de conférences à l'université Paris-XII, cette expression est un "coup de gueule à l'absurde, un cri dans la nuit du non sens!" Et la preuve que le monde de l'entreprise ne brille pas dans sa rationalité!
L'auteur a choisi de brosser avec humour dix situations professionnelles de "grand n'importe quoi". Comme la traditionnelle réunion du lundi matin, qui dure deux heures et n'aboutit à rien, sinon à ce genre de discours vide de sens: "Pensons performance collective et non plus acquis individuel." Une remarque? "C'est n'importe quoi!".
Et malheureusement la liste est longue de ces situations absurdes. Pourquoi tout faire dans l'urgence, supporter un boss hystérique, assister à des séminaires inutiles? La solution de l'auteur: brandir le carton jaune "Porte nawack" ("n'importe quoi" en verlan), fourni avec l'ouvrage, pour dire que vous n'êtes pas d'accord, et que vous désirez changer de manière de travailler. Inutile? Peut-être. Mais vous aurez au moins le mérite de faire rire...

par Alain BERTRANDE
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RAS LE BOL des discours sur la nécessité du changement et autres réformes rendues nécessaires par la concurrence mondiale? Voici enfin un ouvrage rassurant.
Sur près de 270 pages, il n'est question que du confort de l'immobilisme, des bonnes raisons pour ne rien changer et des meilleures recettes pour déjouer toutes les tentatives de réformateurs zélés. En pratiquant ainsi la dérision permanente et le second degré, les auteurs, le consultant Patrick Krasensky et le conseiller en communication Pierre Zimmer, misent sur l'instinct de contradiction typiquement gaulois de leurs lecteurs.
Et ça marche. A coups d'exemples absurbes et de conseils de mauvaise foi, ils laissent émerger ce choix crucial: souhaitons-nous être les acteurs du monde de demain ou préférons-nous fermer les yeux et subir la situation? A ce titre, le bestiaire proposé par les auteurs est particulièrement instructif. Après l'âne Buridan, mort de n'avoir pu ce décider entre deux mets de choix, on y découvre les grenouilles de Jean Rostand. Au siècle dernier, le biologiste s'est rendu compte qu'un batracien plongé dans une casserole d'eau froide que l'on fait chauffer à feu doux se laissera glisser dans une douce torpeur jusqu'à la mort. Le même animal, immergé dans une marmite à 50 degrés, s'en échappe immédiatement. Un exemple à méditer.
Extraits du livre paru aux éditions d'organisation
par Alain BERTRANDE
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"L'idée n'est pas de transformer les bureaux de l'entreprise en terrain de manoeuvre". Pourtant, à première lecture, le titre effraie : Mener des hommes pour la première fois. L'expérience de la culture commando. Formé à l'école des forces spéciales et du renseignement, l'auteur, Daniel HERVOUET veut désormais faire profiter les décideurs "des leçons tirées du monde de l'extrême".
Les valeurs mises en avant n'ont rien de révolutionnaire: sens du collectif, efficacité optimale. Mais le champ lexical militaire donne un autre reflet à tous ces conseils. Le chapitre sur la "culture du renseignement" est ainsi bien plus concret que n'importe quel "pavé" sur les systèmes d'information. Idem pour la partie "valorisation de l'image du groupe d'appartenance", qui permet de mieux appréhender la notion de culture d'entreprise. Reste que les témoignages d'anciens combattants, de généraux ou de commandos de marine n'apportent pas grand-chose au lecteur décideur, à part un peu de culture historico militaire.
Introduit par une fiction -celle d'un commando allant libérer des otages en Sierra Leone-, l'ouvrage se termine par une conclusion elle aussi "romancée". Celle d'un patron, ancien membre d'une unité de forces spéciales, qui applique son expérience dans l'entreprise. Une nouvelle plutôt bien écrite, qui aidera sans doute à mettre en pratique les 279 pages qui la précédent.
Blog de Daniel Hervouët

par Alain BERTRANDE
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