Que faire si l'analyse un peu lucide de notre domaine de responsabilité réel montre que l'on s'est fait avoir en acceptant des objectifs sur lesquels on n'a pas vraiment les leviers de contrôle ? Dans une telle situation, il y a toujours deux portes de sortie : la petite et la grande.
La petite porte consiste à élaborer une réponse tactique astucieuse pour slalomer entre les contraintes et retourner la situation à votre avantage. Par exemple, faire en sorte de mettre sur la sellette tous les collègues qui auraient réellement le pouvoir d'agir sur ce fichu besoin en fonds de roulement, mais ne lèvent pas le petit doigt parce qu'ils n'y ont pas vraiment intérêt politiquement. Les mettre en face de leur comportement, avec les courriels qu'il faut copier aux gens qu'il faut.
La grande porte, en revanche, consiste à pointer le processus déficient et à essayer de trouver une vraie solution intelligente. En allant voir son patron, par exemple, et en lui faisant prendre conscience que votre description de poste est mal faite, dans la mesure où elle vous engage sur des domaines qui ne dépendent pas de vous.
N'imaginez surtout pas que la grande porte soit la voie royale vers la solution : elle nécessite en effet d'avoir un patron intelligent, capable de remettre le système en question et d'impulser des changements, de se confronter aux difficultés inhérentes à tout changement. Dans le cas inverse, emprunter la grande porte vous envoie directement dans le mur car le système tout entier se ligue pour neutraliser le risque de changement.
Quelques ballons d'essai vous montreront très vite si votre environnement professionnel est capable d'emprunter la grande porte ou s'il vous condamne à trouver des tangentes astucieuses et à faire fonctionner le système à votre profit en usant de ses failles. Les petites portes sont bien pratiques pour ne pas se faire coincer et pour se sortir des mauvais pas à son avantage.
Mais un job vraiment intéressant où l'on a le sentiment de contribuer à construire l'entreprise... vous ne le trouverez que dans les entreprises qui n'ont pas perdu les clés de la grande porte.
par Alain BERTRANDE
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A écouter les portables sonner dans les trains et à constater qu'une conversation sur le trajet Nantes-Paris est coupée environ 200 fois par les aléas du réseau, à observer les efforts méritoires des abonnés pour maintenir le contact contre vents et marées ( "Tu m'entends ? Ah, je n'ai pas de signal, plus de batterie, ça va couper", etc...), j'en arrive à la conclusion que sur les quelques 50 millions de portables en circulation, la plupart ne sont équipés ni d'un vibreur ni d'un bouton marche-arrêt. Une culture du portable est en train de se généraliser, autour de l'idée que l'on doit pouvoir être joint tout le temps instantanément.
Je vous propose donc une expérience, qui est également un exercice de désintoxication. Essayez d'éteindre votre portable pendant vingt-quatre heures. Oui, vous avez bien lu : vingt quatre heures. Si vous parvenez à vous passer de cette sonnerie qui vient opportunément vous rappeler que vous êtes important, si vous arrivez à vous débrouiller une journée pour communiquer uniquement avec les e-mails et l'antique téléphone filaire, si vous osez dire à vos interlocuteurs que vous n'avez pas consulté votre messagerie de toute le journée... Félicitations : vous êtes un homme libre !
par Alain BERTRANDE
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